24 mai 2009
Baissez vos culottes les marabouts nous pilotent (2)

Dans la suite de notre chronique maraboutique de la semaine dernière, je vous présente aujourd'hui les dernières news de nos saint-patrons qui ne connaissent ni repos, ni répit et surtout ...ni manque d'appétit:
Sidi El Materi
Après sa radio, ses concessions automobiles, sa banque islamique et j'en passe, notre jeune patron, gendre de notre président, en toute discrétion présente un dossier de candidature pour une licence de téléphonie universelle en Tunisie. Il s'est entouré de deux hommes d'affaire tunisiens et de l'opérateur turk Turkcell. Face à cette équipe on trouve un consortium composé de Tunisie Divona Telecom et l'opérateur Français France Telecom (ici). Pas besoin de prier Allah, on sait déjà qui des deux Dieu choisira.
Sidi Belhassen
La semaine dernière nous l'avons laissé négocier son maraboutage du groupe de presse Dar Anwar, cette semaine nous apprenons que son groupe Cactus compte lancer avec Sami El Fehri (animateur vedette) une nouvelle chaine de télévision. Businessnews qui nous rapporte cette info (ici) ne nous indique pas le degré d'implication du saint-patron dans cette histoire mais notre petit doigt nous dit que derrière tout nouveau projet télévisuel parfumé au cactus, se cache l'ambition insatiable d'un marabout...
Sidi Imed
L'intérêt croissant que je porte envers ce marabout est lié en partie à mon intronisation récente dans sa zaouïa facebookique. Moyennant un petit mot gentil dans lequel je le gratifiais de son érudition et de son charisme, Sidi Imed m'accepta immédiatement dans son club privé de 1200 membres. En devenant adepte de sa tariqa j'ai pu découvrir les enseignements du saint et surtout me rendre compte du culte que lui vouent ses adeptes. Je respecterai le secret initiatique et je m'abstiendrai de diffuser les photos croustillantes et les commentaires de ces gens qui l'adulent. Je dirai juste que j'ai eu peine à voir la bassesse de certains de nos compatriotes qui baissent leurs culottes en échange de cette illusoire appartenance à un club privé de pilleurs de la république. Parmi ses nombreuses devises (que j'ai pu vérifié sur son profil) "Baisse ta culotte, c'est moi qui pilote" résume assez bien la philosophie de nos marabouts en général, qui pour arriver à leurs fins n'ont que faire de la dignité des citoyens et du respect des lois.
C'est cette philosophie prédatrice qui a guidé Sidi Imed dans le lancement de "son" BRICORAMA inauguré en grande pompe vendredi dernier. Le témoignage d'un certain Faouzi Mahbouli (que j'ai connu sur facebook) ex-promoteur et actionnaire du projet BRICORAMA fait froid au dos car il nous livre toute crue la réalité de ce que j'appelle "maraboutage". Il nous explique ainsi comment Sidi Imed l'avait obligé à céder ses parts. Il l'a d'abord soudoyé et quand ce dernier refusa, le saint-patron le menaça par des actes d'intimidation (vol, dégradation de ses véhicules, effraction de son bureau...) Faouzi Mahbouli a su résister jusqu'au bout mais dût quitter furtivement le pays vers l'Italie où il a confié à des avocats de la place le soin de lancer une procédure pénale pour extorsion à l’encontre du marabout (voir l'article de Slim Bagga sur Bakchich ici )...
Nous pouvons certes douter de l'objectivité d'un tel témoignage si ce n'est que le même Sidi Imed est officiellement condamné par la justice française pour vol suite à la disparition magique de 3 yachts appartenant à un célèbre banquier français. Ainsi, notre marabout n'est plus à un pillage près et nous sommes donc plus disposés à croire en la bonne foi de citoyens tels que Faouzi Mahbouli qu'à ces défenseurs hypocrites de la cause maraboutique que sont nos médias nationaux (ici) ou encore ces soit-disant webzines indépendants (Businessnews, leaders...) qui osent nous dire que ces maraboutages "dénotent du bon climat d'investissement que nous avons dans le pays"(ici). Aucun d'eux n'a relevé cet hasard stupéfiant qui fait que dans une population de 10 millions d'âmes ce soient toujours les mêmes, qui plus est membres de "la famille royale", qui détiennent tous les secteurs stratégiques du pays. Ce constat à lui seul devrait leur suffire à noter qu'une odeur putride et nauséabonde pollue le climat tunisien.
Maraboutisme antithèse de Modernité
Ce népotisme doublé de pratiques mafieuses met en branle l'espoir d'une véritable modernisation du pays. Il s'agit d'une féodalité toute droit sortie du moyen-âge qui contredit toutes les bonnes volontés du régime et nous appelle, nous citoyens, à boycotter leurs enseignes, leurs banques, leurs télévisions et toutes les manifestations de leurs privilèges royaux surtout quand ils osent nous les vendre comme des attributs du progrès et de la modernité. Le journal en ligne "Leaders, for winners only" (Nous autres loosers ne sommes pas concernés) nous commente en ces termes élogieux le projet BRICORAMA: "un concept innovant, soigneusement mis au
contexte du pays. Modernité, praticité, merchandising, choix et prix :
le mix de la réussite."
La seule innovation qu'on doit reconnaitre à notre pays, c'est que cette élite secondée de ses sbires a su faire gober à tout le monde que la réussite consistait à faire baisser sa culotte à toute une population...
18 mai 2009
Baissez vos culottes les marabouts nous pilotent!

(Pour agrandir l'image cliquez ici)
En Tunisie, les marabouts mènent la barque. La presse officielle n'en touche mot mais avec les sites d'information censurés auxquels s'ajoutent les blogs impertinents, le tout mixé d'une bonne dose de racontars et de rumeurs, le citoyen désireux de s'informer peut se faire une idée du spectacle maraboutique avec son lot d'extravagances et de scandales. Demeure pour ceux qui évoquent ce sujet le risque de se voir attirer les foudres mauves du ciel. Entre la crainte de la censure, l'accusation de diffamation on peut comprendre que beaucoup de blogeurs évitent de traiter ce sujet sensible. Mais heureusement que nous sommes de plus en plus nombreux dans la blogosphère tunisienne à oser braver l'interdit quasi religieux qui protège ces saint-personnages. Et puis en cette période où l'actualité maraboutique s'emballe nous ne pouvons résister à l'envie d'évoquer leurs frasques surtout dans le blog DEBATunsie toujours au rendez-vous à chaque nouveau maraboutage.
Sidi El-Materi
A peine nous sommes-nous remis de son acquisition du groupe de Presse Dar Assabah, que nous avons appris par Bakchich sa fracassante querelle avec son épouse, fille de notre cher président. Mais heureusement que tout s'est calmé grâce à son achat d'une grosse zaouïa de luxe au Canada. Le blogeur 3amrouch qui a relayé cette information en a payé les frais par la censure de son blog. Par ce geste, Ammar, notre censeur national, voulait épargner nos cœurs sensibles d'un excès de sensations fortes et éviter surtout que certains jaloux parmi nous frappent de leur mauvais œil la réussite du jeune prodige.
Sidi Belhassen
ou Sidi boubou pour les intimes, issu de la tariqa tripolitaine, connu pour sa transe au cactus et son sens mystique du business, négocie en ce moment-même (d'après Maghreb Confidentiel n°879) la reprise du groupe de presse Dar Anwar (les quotidiens Achourouq, Le Quotidien... ) Ce saint patron tente visiblement de rattraper l'avance du jeune Materi dont la gourmandise inquiète le clan des tripolitains. Remercions au passage Sidi Boubou pour sa lutte honorable contre l'appétit insatiable de ce jeune arriviste de Mateur.
Sidi Imed
Ce marabout défraie la chronique en ce moment. Connu pour son goût prononcé pour les joujoux de luxe et réputé surtout pour ses tours de magie, il a réussit l'année dernière un véritable exploit en faisant disparaitre en un simple claquement de doigts, 3 yachts de la côte d'Azur. La justice française qui n'a rien compris, l'a mis en examen pour "complicité de vol en bande organisée". Le juge chargé de l'affaire n'avait pas la sensibilité de ses homologues tunisiens pour savoir que certains phénomènes relèvent de la volonté des marabouts et des dieux qui les protègent. Suite à ce malheureux épisode Sidi Imed s'en trouva déçu de l'humanité tout e entière. Mais tel Jésus trahi par Judas, il nous pardonnera nos péchés dans une confession qui nous sera révélée bientôt. C'est au cours d'une retraite mystique à Venise que le saint a rédigé les premières lignes de son œuvre prophétique intitulée d'abord "le matelot" (ici) puis "la vérité si je ments". Sidi Imed professe également la bonne parole par sa zaouïa virtuelle de facebook qui compte plus de 1000 adeptes. Sa doctrine "Baisse ta culotte, c'est moi qui pilote" inscrite sur son profil est une invitation à prendre au second degré, adressée peut être plus à la gente féminine dont Sidi Imed semble apprécier la compagnie.
Dernièrement la justice tunisienne lui a fait une offrande. Un citoyen tunisien sera sacrifié sur l'autel de la justice pour que Sidi Imed soit purifié de l'affreuse accusation que fait peser sur lui la justice française. Un citoyen mes amis, comme vous et moi, a été désigné pour porter le chapeau. Il s'agit selon Bakchich (dans son numéro 123) d'un certain Naoufel Benabdelhafid qui affiche un honorable CV de docteur en droit et
d’ancien doyen de la faculté de médecine de Tunis qui s'est trouvé embarqué dans cette sombre affaire à cause d'un business d'import export et d'un feu rouge grillé... Inutile d'en savoir plus car dans les affaires maraboutiques c'est l'irrationnel qui gouverne.
Telle cette barque nommée Tunisie dans laquelle nous nous sommes tous embarqués, c'est ce même esprit irrationnel qui nous y gouverne. Mais nous nous en tapons car nous avons le foot. Même quand ils nous ont obligé à enlever nos culottes nous avons continué à applaudir nos équipes préférées. Cette formidable capacité que nous avons à focaliser le destin d'un pays entier sur le sort d'un ballon est un patent indice de "maraboutalibilité" que les Sidi Belhassen & co ont su saisir. Ce dernier par ses divertissements au cactus prépare des générations entières à perpétuer la bêtise générale. Et puis comme il l'a dit lui-même "Ech-Cha3b y7ebb Ella3b"... Allez j'arrête, ya7ya Ettarajji!! et à de prochaines aventures maraboutiques!
09 mai 2009
On m'a viré du RCD...
J'ai intégré il y a un mois les rangs du RCD. Grâce aux conseils de mon collègue Naoufel Masri, je me suis acheté une belle cravate et un costume mauve de la boutique de l'académie du RCD. Avec ma carte du parti j'ai eu une réduction de 94,9% avec un slip offert. Je me suis pavané avec comme un clown dans les rues de la capitale. J'ai ensuite commencé à assister aux grandes messes du RCD. J'ai très vite acquis le réflexe pavlovien consistant à applaudir et à me mettre debout à chaque mention du nom du Grand Gourou. Au bout de quelques jours ma langue commençait à pendre (comme le chien de Pavlov). Ma compagne ne me reconnaissait plus et elle trouvait que je ressemblais de plus en plus à un cafard. Elle était choquée de me voir mettre toutes mes idées au placard moi qui croyais à la démocratie et à la liberté d'expression. Je lui ai expliqué que j'étais un cheval de Troie, et que j'allais faire la révolution de l'intérieur. Je n'allais tout de même pas vendre mon âme pour un chiffon mauve et un slip offert?
Effectivement, j'organisais en secret avec quelques jeunes collègues (Naoufel a malheureusement décliné mon invitation) des réunions pour réfléchir à la transformation du RCD en CDR: Club de Distraction pour Retraités. Ce changement permettra à nos anciens mauves de se réunir autant qu'ils le veulent, d'aduler leur gourou, de disposer d'une chaine privée (on leur laisse canal 7), d'éditer un journal (on leur laisse la Presse) et de jouir d'un immeuble en plein cœur de la capitale (qu'ils gardent surtout leur tour). On pourrait même équiper cette tour d'un Jacuzzi, d'un centre de SPA et de salles de chkobba, Rami et Belote (il y a tellement d'espace inutilisé). Sur toute la république on leur réhabilitera leurs cellules du parti en hôtels de charme pour qu'ils puissent y loger lors de leurs excursions en bus mauve. (On leur peindra les bus jaunes, misslech, on en achètera de nouveaux!). On leur laissera tout ce qu'ils veulent, mais pitié, qu'ils nous laissent vivre dignement dans ce pays!
Mon plan secret n'avait rien de révolutionnaire, au contraire il était une réponse à une réalité que tous les tunisiens connaissent. Et d'ailleurs un certain Zine el Abidine avait déjà fait ce coup il y a de cela 20 ans. Son projet était beaucoup plus facile parce qu'il n'avait à mettre en retraite qu'une seule personne (un certain Bourguiba). Moi je vois plus grand et je crois que le seul Vrai Changement plausible consiste à mettre en retraite l'intégralité de ce vieux parti qui a pris en otage le pays tout entier depuis un demi-siècle.
Mon projet trop ambitieux a déplu à mes camarades et ils ont très vite fait de me dénoncer. Immédiatement je fus viré du parti...

S'il y a une chose qui m'a interpellé durant mon court passage auprès des mauves, ce sont ces jeunes qui se font vieux et qui radotent les mêmes chansons que leurs aïeux. Tel ce Naoufel Masri et toute sa clique du Hiwar Achabab. Ces marionnettes sont en réalité poussière comparés à la stature du jeune prodige Sidi-El-Materi, gendre du grand gourou et membre du comité central du parti. Ce dernier, croit incarner la Tunisie de Demain. Il me l'a d'ailleurs exprimé en ces mots cassants dans un commentaire qu'il a publié en personne sur mon blog (ici): "faites le millième de ce que je fais pour ma patrie et ma religion, non faites le millionnième et la Tunisie s'en portera mieux que n'importe quel pays au monde. à toi et à tous les jaloux : montez d'un cran! soyez à la hauteur de la civilité à laquelle vous "voulez" aspirer". Je confirme qu'effectivement je ne peux pas faire ni le millième, encore moins le millionième de ce que tu fais, mais n'oublie pas mon cher Sakhr que je n'ai pas le milliardième de ce que tu as! Et ce n'est point de la jalousie ce n'est qu'un constat. Je te souhaite d'ailleurs encore plein de bonheur et j'aurais voulu garder un lien d'amitié avec toi pour faire partie des galas de ta nouvelle zaouïa du Canada:

Après toutes ces émotions, chers amis, je suis retourné au bercail auprès de ma tendre compagne. Elle était contente que je me sois débarrassé de ma veste mauve et de mon slip tue l'amour. La Sebkha était toujours chaleureuse et bouillonnante de vie. Dés mon arrivée j'ai pu attraper un des plus gros poissons d'avril: Un clandestin émirati qui s'est embarqué dans une méga-radeau de fortune et qui depuis la crise a pris l'eau...

Droit dans les yeux je lui ai dit: "Ne faites pas le millième de ce que vous faites pour la patrie et la religion, non ne faites pas le millionnième et la Tunisie s'en portera mieux que n'importe
quel pays au monde. A toi et à tous les bling bling "religieux" de ton espèce, restez humbles c'est tout ce que l'on vous demande: descendez d'un cran!
soyez à la hauteur des citoyens! c'est tout! " (Merci encore à Sakhr de m'avoir inspiré cette belle formule) et encore bye bye Sama Dubaï!





