07 juillet 2009
Ammar débordé par le mouvement anti-censure

09 mars 2009
Ammar célèbre la Femme


Dommage que la fête ne fut que de courte durée...
02 mars 2009
La Presse évoque Lampedusa

Dans un précédent post où j'évoquais l'affaire de jeunes clandestins tunisiens retenus à Lampedusa, j'affirmais à tort que nos médias officiels n'en avaient touché mot. Je n'ai pas imaginé un instant que la propagande puisse se préoccuper de ces jeunes "perturbateurs" qui nuisent à l'image de notre Disneyland-Tunisie et qui pourraient gâcher les festivités de la prochaine réélection de notre gentil président. C'était sans compter sur l'inventivité et l'imagination de nos journalistes de la presse qui à force de fumer du mauve voient du rose là ou ça vire au noir. C'est ainsi que dans cet article de la Presse nos comiques osent nous rapporter que nos jeunes clandestins félicitent le président qui a daigné s'intéresser à leur misérable condition. Ces fumeurs invétérés du mauve rajoutent en plus que le maire de Lampedusa salue l'attention particulière accordés par la Tunisie à ses ressortissants. Ils ont juste oublié de nous évoquer les scènes de liesses populaires où des italiens auraient exprimé leur soutien au président Ben Ali et leur reconnaissance à sa politique avant-gardiste...
L'hypocritocratie
Cette manière de retourner en faveur du régime le malheur de ces jeunes n'est pas sans nous rappeler la couverture des évènements du bassin minier où nos journalistes n'ont retenus de tout le mouvement social avec son lot de morts et de prisonniers que la prétendue politique présidentielle d'encouragement de PME (ici)... Ce procédé de désinformation devenu tellement habituel dans notre pays procède d'une philosophie de gouvernance particulière que l'État semble avoir adopté depuis 20 ans. Nous ne pouvons pas éternellement relever la cécité des journalistes et caricaturer leur articles sans rappeler qu'une volonté politique se cache derrière ce contrôle acharné des médias. Cette pratique s'explique en partie par la crainte de nos dirigeants de voir "la masse" réagir aux situations de crise qui frappent le pays. l'idée d'une possible empathie des masses envers les mouvements sociaux effraie l'État au point que la censure, l'occultation ou le travestissement de l'information s'érigent en institution étatique. Ce que je désigne par hypocritocratie c'est cette gestion consciente et rationnelle du mensonge. Maintenant, il nous reste à expliquer les motivations d'une telle politique. Est-ce seulement la protection du régime et les intérêts particuliers de la classe dirigeantes ou est-ce un paternalisme étatique bienveillant qui décide à notre place de nos sentiments, de nos idées et de notre intérêt général ?
C'est sur cette question ouverte mes amis que je clos ce post. En ce qui me concerne je reste convaincu que les meilleures intentions sont salies lorsqu'on use de tels moyens. Il ne s'agit pas seulement d'une éthique du pouvoir mais d'une méthode efficace de gouvernance qui mise sur la transparence et la critique pour rectifier et ajuster son action au profit de l'intérêt général...
10 février 2009
Reportage exclusif dans l'Usine Nationale du Changement
Les journalistes indépendants en Tunisie sont une espèce en voix de disparition. Les rares qui survivent dans cette jungle hostile subissent la chape de plomb du régime et leur travail s'épuise par la lutte qu'ils mènent contre les injures et les menaces. Parallèlement à ces "résistants", une colonie de journalistes d'un autre type sévit dans l'espace public. Ils passent leur temps à divertir le peuple et à l'éloigner du débat politique. Parmi eux une catégorie particulière est chargée de la propagande. Ceux là opèrent par les grands médias de masse, télés, journaux et radios. Ils portent la même marque de fabrique. Le blog DEBATunisie s'est introduit dans les usines de montage de ces spécimens et vous livre ce reportage exclusif. Vous y apprécierez la technologie de pointe, secret défense, développée depuis 21 ans...



05 février 2009
Journalistes frappés par la foudre mauve

Quand un journaliste franchit la ligne mauve
Dans le pays des jasmins on chante la liberté d'expression et des Droits de l'Homme. Cette liberté est circonscrite dans les limites d'un cercle étroit au contour mauve. Le ou la journaliste qui s'aventure en dehors de ce périmètre s'attire la colère des Dieux: ainsi en est-il de la radio dissidente Kalima qui à peine s'est elle mise à émettre sur une onde ultra-mauve que les foudres du ciel lui sont tombés sur la tête. Ses locaux furent perquisitionnés et une enquête judiciaire s'est ouverte contre ses journalistes. Pareil pour Le journal Attariq qui a osé publier l'interrogatoire d'un des dirigeants du mouvement social du bassin minier. Le journal n'a pas trop attendu pour que des ciseaux sortent des nuages et viennent couper en morceaux son dernier numéro.
A l'intérieur du cercle mauve
A l'intérieur de ce cercle qui ne dépasse pas les 7 mètres de rayon, une culture de journalistes langues de bois prolifère depuis 21 ans. Une densité humaine qui dépasserait celle de Gaza y est maintenue en vie grâce à une minable perfusion de 200 dinars par mois. Leur travail se résume à débiter à longueur de journée des mauveries et des changementeries de toute sorte. Ce n'était peut être pas trop cher payé pour de telles bêtises, mais tout de même, il y avait un seuil en dessous duquel même nos laudateurs les plus zélés pouvaient se révolter. C'est ce qui s'est d'ailleurs produit il y a plus d'une semaine lorsque 150 journalistes et techniciens avaient manifesté leur grogne et menacé de faire une grève de la faim (ici). Heureusement que le ministre de la communication, sous instruction du grand patron, avait plaidé leur cause en acceptant de les augmenter. Dans la une de l'organe du parti (journal "El Houria"), un journaliste expliquait cette générosité par la volonté de l'État, notez bien, de défendre le Droit des médias et de promouvoir la liberté d'opinion!
Encore une fois l'État magne avec habilité ses contradictions: d'un côté il s'attaque sans vergogne à la liberté d'expression de journalistes indépendants, et de l'autre il cède à des revendications matérielles de journalistes complaisants et ce au nom de la liberté d'expression ! Dans l'art de l'hypocrisie, avouez que l'on ne peut pas faire mieux!
06 janvier 2009
Soutien à Gaza confisqué

Depuis l'offensive sauvage contre Gaza, beaucoup de tunisiens se sont indignés contre cette attaque et chacun y va de ses pleurs ou de sa haine pour condamner Israël et l'Occident complice. Je ne pense pas poser ma candidature au concours d'indignation nationale même si je partage pleinement ce sentiment de dégout et d'injustice. Je voudrai plutôt focaliser mon post sur la couverture de l'évènement par la propagande tunisienne pour montrer qu'une indignation d'un autre type se doit aussi d'émerger.
La récupération de l'indignation
Depuis l'annonce des frappes, La Presse tunisienne y va crescendo dans sa solidarité envers nos "frères palestiniens" usant de tout son arsenal de belles plumes qu'on lui connait. Le talentueux Mouldi M'Barek, qui sait nous donner la chaire de poule, nous dit tout ému qu'il est:"le Président Ben Ali est dans le cœur
de toutes les familles palestiniennes et de tout Palestinien qui
connaît la chère Tunisie, son histoire et son illustre dirigeant".(ici) Mouldi M'barek nous explique ici de manière métaphorique que le rayonnement ultra-mauve de notre illustre dirigeant arrive jusqu'à Gaza et protège les familles palestiniennes des bombardements israéliens.
Moins métaphysique, le comique deuxième catégorie N.Hlaoui nous décrit ici toutes les mesures de solidarité entreprises en faveur des sinistrés. Il nous évoque l'avion chargé de vivres et de médicaments, la journée de don de sang et l'ouverture d'un compte postal pour la collecte de dons...tant de généreuses actions dont l'initiative revient d'abord au ...Président. Le soutien de celui-ci à la cause palestinienne, nous dit le journaliste, ne date pas d'hier. Notre chef de l'Etat est tellement adoré dans ces contrées que le syndicat des journalistes palestiniens l'avait élu personnalité de l'année 2006... Si des laudateurs du type Mouldi M'Barek sévissent aussi en terre sainte alors le drame palestinien est bien plus profond qu'on ne le pensait.
Dans un style plus mécanique, La Presse nous rapporte des communiqués ici et là émanant de différents organismes ( UMA, UTICA, ordre des pharmaciens ...):
Tous bien-entendu condamnent Israël mais concluent exactement par la même formule:" les membres du ... saluent, par ailleurs, les mesures de
solidarité initiées par le Chef de l’Etat pour alléger les souffrances
du peuple palestinien, exprimant leur disposition à participer à
l’initiative présidentielle" vous pouvez vérifier par vous même ici, ici ou encore ici.
Par cette rengaine où chaque protagoniste salue le président pour son soutien à la cause, Gaza ne semble plus être l'objectif de la mobilisation, mais bien un instrument utilisé pour redorer l'image du régime.
La confiscation de l'indignation
Si la récupération politique reste supportable lorsqu'elle débouche sur des aides humanitaires telles que celles citées précédemment, elle devient scandaleuse lorsqu'elle s'accapare complètement de la cause et qu'elle prive la société civile de se mobiliser en toute indépendance. Ce fut le cas le 1er janvier où l'État avait autorisé une manifestation pour Gaza. Mais voilà que les cravatés du parti prennent le devant de la marche et qui, lorsque décident de mettre fin à leur mascarade, envoient les forces de l'ordre disperser la foule en priant les citoyens de rentrer chez eux. Les amis d'Attariq (ici), Tunisia Watch (ici) et d'autres blogs encore nous rapportent les faits. La Presse quant à elle nous informe que la société civile était représentée dans son ensemble en concluant avec la sempiternelle formule: "Les participants à la marche de solidarité
ont salué le soutien total apporté par le Président Zine El Abidine Ben
Ali au peuple palestinien et à sa juste cause" (ici)
En d'autres termes, il s'agissait d'une marche de soutien non pas à Gaza, mais à notre "illustre dirigeant". Cette attitude montre combien ce que l'Etat méprise la masse et tente de canaliser ses moindre pulsions en sa faveur.
Pour une indignation plus constructive
Israël agit en toute impunité parce qu'elle sait que l'Europe est très mal placée pour lui donner des leçons. La culpabilité de la seconde guerre mondiale pèse encore lourd sur les consciences des dirigeants européens laissant ainsi a Israël tout latitude d'agir. La chancelière allemande a d'ailleurs soutenu officiellement Israël. Les américains quant à eux appuient délibérément la violence de l'État hébreux car ils y voient une base avancée de leur impérialisme.
Mais aussi, Israël agit en toute impunité parce qu'elle méprise le peuple Palestinien. Elle le considère comme barbare. Elle le juge par ses dirigeants qu'elle qualifie d'obscurantistes -le Hamas- ou de corrompus -Le Fatah (qui effectivement s'est fait corrompre par Israël). Israël méprise de la même manière l'ensemble du monde arabe. Elle utilise les poncifs des anciens colonisateurs européens qui ne voient dans les orientaux que les sujets de pouvoirs despotiques. Elle n'a donc que faire des indignations de nos Ben Ali, Moubarak et compagnie.
Autant nous pouvons nous indigner de toutes les premières raisons que j'ai énuméré, autant l'on doit, sur le dernier point, nous indigner aussi contre nos dirigeants qui décrédibilisent la position arabe, qui font de la Palestine une proie facile et qui confirment malheureusement le cliché du despotisme oriental.
Par l'exemple de la récupération du régime de notre indignation et par de nombreux autres illustrations de confiscation du débat (que je ne cesse de rapporter sur ce blog), je ne fais que confirmer ce que nous tous savons, mais oublions chaque fois que surgit Israël: Dénoncer nos régimes qui ignorent la liberté d'expression, le multipartisme et l'alternance politique!
Même dans d'aussi malheureuses circonstances où l'on constate l'impunité de l'ennemi extérieur, je suis convaincu que nous serions plus constructifs si nous ciblons aussi nos critiques envers notre ennemi intérieur.
N'oublions pas que de toute façon, notre seule action citoyenne possible reste confinée dans les limites de ce que l'on appelle Tunisie. Nous n'avons aucune possibilité d'agir sur ce que l'on appelle "monde Arabe" (si tant est que ce monde existe) tant que notre parole reste confisquée par le régime. Cessons donc de nous lamenter sur le sort des arabes et agissons d'une manière conséquentes d'abord sur notre parcelle.
J'ai envie d'être cynique et de proposer même que l'on récupère à notre tour Gaza comme le fait le régime, pour dénoncer cette chape de "plomb durci" qui pèse sur nous aussi!
12 décembre 2008
21ème anniversaire de la déclaration "universelle" des Droits de l'Homme

La Tunisie partage les idées universelles mais selon sa propre interprétation. Comme aiment bien le rappeler les laudateurs du pouvoir et les "mauvologues"* attitrés, la Démocratie et les Droits de l'Homme restent des catégories culturelles qu'il faut adapter au contexte social. Cette opinion largement défendue dans la presse et malheureusement assez répandue chez certains concitoyens s'appuie sur l'hypothèse selon laquelle ces libertés nécessitent un préalable de maturité que nous n'avons toujours pas atteint. Le régime et ses portes paroles nous expliquent en coulisse que ces diablotins d'extrémistes profiteraient de la moindre brèche démocratique pour nous imposer leur dictature. Cette extrémisme latent qui dort dans chaque tunisien constitue pour eux notre manque de maturité. Ils théoriseront sur l'ingouvernabilité de l'arabe de manière générale et finiront par racialiser cette soit-disons immaturité. Le tunisien serait donc, selon cette idéologie, imperfectible et cette tare (l'immaturité) lui étant consubstantiel, il ne reste qu'à l'Etat de gérer les affaires de la société excluant au passage cette même société du débat public qu'elle serait incapable de tenir. Rappelons au passage que ce type de raccourci intellectuel qui stigmatise l'oriental, est hérité de la période coloniale et perdure sous une autre forme dans la classe dominante (citons Edward W. Said ou encore Albert Memmi qui expliquent cette filiation)
Ainsi donc, pour un gouvernement qui ne croit pas en la perfectibilité de son peuple et qui, en parallèle et devant les instances internationales, continue à asséner que la Tunisie doit d'abord progresser pour se permettre les Droits de l'Homme, je ne sais pas pour vous, mais pour moi ça ressemble à cette carotte que l'on met au devant d'un âne. L'âne en l'occurrence, c'est nous mes amis!
En attendant ce train qui n'arrivera donc jamais, et sur les quais de cette gare qu'on appelle Tunisie, nos comiques de la presse et les agents mauves du gouvernement nous font leur spectacle des Droits de l'Homme et de la Démocratie. Tiens! aujourd'hui on nous informe que notre Mahdi va mettre ses beaux habits pour la cérémonie du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de L'Homme et du Citoyen (ici)
Pour conclure, mes amis, l'universalité n'est pas une théorie occidentale, il ne s'agit rien de plus que du bon sens. La relativisation de ce concept n'est tout simplement qu'une forme dévoyée de collaboration...
* mauvolgue: idéologue du mouvement réformiste mauve tunisien. Espèce proliférant dans les milieux urbains et dans les médias depuis 1987.
04 novembre 2008
Avec nous, la femme d'Ammar dit NON !

26 septembre 2008
Les fantasmes de Ammar...

Depuis la réouverture de Facebook et la sanction sévère contre Ammar accusé d'avoir fait de l'excès de zèle, ce dernier s'est mis à lâcher du lest. Il a réouvert les vannes de l'internet et a pu nourrir ses fantasmes oubliés d'un net libre et débridé.
L'abstinence que nous recommande d'observer le saint mois de Ramadan ne nous a pas empêché de profiter avec lui de cette journée carte blanche de Youtube et Dailymotion à volonté.
Dommage que cette bouffée d'air frais ne fut que de courte durée car Ammar fut très vite ramené à l'ordre et reprit ses activités.
05 septembre 2008
Pensées ramadanesques
- caricature auto censurée-
Pour Ramadan j'observe l'interdit religieux de la représentation d'images. Je vais me contenter des mots pour vous conter l'histoire d'un pieu personnage:
Léopold Pierre de Mateur
Dernier rejeton d'une sainte ascendance, anobli par une présidentielle alliance, il symbolise à lui seul l'avènement de la Tunisie nouvelle génération: Celle de la mixture magique du pouvoir et de l'argent avec une dose de religion new tendance.
Ce cocktail n'a rien de nouveau en soi, sauf que nous en avons maintenant un échantillon parfait: Pierre de Mateur incarne ce modèle en toute bonne conscience et avec une ostentation décomplexée.
Il ne nous reste plus qu'à nous attendrir et applaudir sa fulgurante ascension.
Par respect à la sobriété que nous recommande d'observer le saint mois de ramadan, je m'abstiendrai d'étaler la richesse et les exploits de ce jeunot.
Toutefois j'aimerai signaler que par ce personnage nous voyons se tramer l'avenir de notre pays, et les possibles stéréotypes d'hommes de pouvoir qui se profilent à l'horizon.
La vraie question est de savoir si cette élite serait capable de nous intégrer un jour dans les débats qui concernent le pays.
Mektoub
Un Nouveau feuilleton ramadanesque fait couler beaucoup d'encre en ce moment. Je ne l'ai pas vu encore, mais on y raconte qu'à cette heure de prime times qui unit l'ensemble du peuple tunisien après la rupture du jeûne, Canal 7 n'aurait rien trouvé de mieux à nous montrer que les intrigues de bourgeois idiots désinvoltes étalant leurs caprices et leur joujoux de luxe.
Vous me direz quel rapport avec Pierre de Mateur. Je vous répondrai que tout se tient. C'est la même logique d'intimidation et d'abrutissement de la masse qui est en train de s'ériger en institution étatique.
Bon, promis, J'arrête de critiquer, et puis je devrai être content qu'on nous aie enfin réouvert Facebook . Je pense même que Pierre de Mateur et sa bande y sont pour quelque chose. Qui d'autre qu'eux peut demander à papa gâteux de remettre en ligne leur précieux joujou très utile pour organiser des sorties en Hammer à Hammamet?
Sur ce, je vous dit Romdhankom mabrouk.





