DEBATunisie

Pour réhabiliter notre droit confisqué de débattre ENSEMBLE de l'avenir de notre Cité...

15 février 2009

Les flamants roses fêtent la Saint-Valentin

stValentin

Le journal Maghreb Confidentiel dans son numéro 867 nous rapporte que le projet de Sama Dubai, "Porte de la méditerranée" est au point mort. Les autres mégaprojets émiratis, ajoute-t-il, sont tout aussi menacés. La crise n'épargnera donc personne. Dans cette triste histoire, nos milliardaires émiratis déprimés qui risquent de se jeter sur les rails, ne sont pas autant à plaindre que nos milliers de jeunes à qui l'on a promis du travail. Cette promesse d'emploi fut l'argument clef qu'utilisa l'État pour légitimer l'implantation d'une colonie de milliardaires sur les berges du lac. La propagande se chargea par la suite de nous présenter cette opération de spéculation immobilière pour riches en un projet présidentiel à vocation sociale pour les jeunes. De nombreux journalistes ne manquèrent d'éloge pour les mégaprojets. D'aucuns d'entre eux aujourd'hui ne souffle mot du possible retrait des émiratis et deviennent de fait complices des fausses promesses de l'Etat. Je pense particulièrement à ces web magazines qui se targuent pourtant d'une certaine indépendance (tel BusinessNews) et qui continuent à garder le silence.

Mégaprojets: illusion collective de modernité?

Au-delà de la propagande on ne peut ignorer qu'il y avait un réel engouement pour ces mégaprojets de la part de nos concitoyens. Deux raisons expliquent cet enthousiasme: une raison concrète liée à l'impact économique positif espéré par de telles opérations. Cette raison reste défendable malgré l'absence de chiffres. Ensuite, il y a la raison symbolique. Celle-ci se nourrit d'une certaine vision de la modernité et du progrès à laquelle ces mégaprojets semblent répondre. C'est sur cette compréhension de la modernité que porte ma critique. J'ai déjà expliqué que les images à la Starwars (ici) utilisées par les promoteurs pour nous vendre leurs villes évoquent un urbanisme dépassé des années 70 composé de tours et de parcs à l'américaine. Il n'est nul besoin d'être ingénieur pour comprendre que leurs projets sont très consommateurs d'espace et d'énergie et que le bétonnage d'une sebkha à l'écosystème fragile ne répond pas aux défits de la ville écologique de demain.

Mais surtout c'est le montage même de l'opération qui reflète l'archaïsme de ce projet. En effet, nos élus nous ont mis devant le fait accompli en nous présentant la maquette d'une ville de 900 hectares, comme un sultan qui impose à ses sujets les contours d'une nouvelle citadelle. Ce même Sultan bienfaiteur nous expliquera que ses nouveaux palais fortifiés donneront du travail aux artisans et aux esclaves. Sans consulter ses vizirs ni même ses architectes, le sultan en aura décidé ainsi. Vous me concèderiez, qu'à quelques éléments près, ma métaphore n'est pas très éloignée de la réalité. Je rappelle à cet effet que la convention signée entre l'État et le promoteur reste jusqu'à ce jour inaccessible et que d'aucuns des acteurs locaux, des citoyens ni des professionnels du bâtiment, n'ont étés impliqués, encore moins concertés pour un projet sensé pourtant leur être adressé!

Décidons nous même de notre modernité

Mes amis, la modernité ne peut pas être le fait du prince, elle ne peut être que collective. Ces belles images de villes futuristes ne doivent pas masquer notre exclusion programmée de l'avenir de notre Cité. Il ne s'agit pas de se réjouir de la crise mais de se dire que la conjoncture actuelle aura le mérite de nous avoir au moins épargnés de projets écologiquement dangereux et socialement discriminatoires. On aura ainsi le temps de réfléchir un peu plus sur l'avenir de ce patrimoine naturel et de préserver les parades amoureuses de ces flamants roses qui depuis des millénaires avaient élu le lac de Tunis comme une de leurs nombreuses stations de migration. Souhaitons leur une joyeuse Saint-Valentin en espérant que la prochaine intervention sur la bouhaïra leur restitue leur cadre et les épargne de toutes les pollutions humaines conduites au nom d'une compréhension erronée de la modernité et du progrès...

(Lire aussi le post de Carpe Diem que je salue au passage !)

31 octobre 2008

Fini le bal des mégaprojets

Les médias officiels tunisiens adorent les grandes annonces, les bonnes nouvelles, les évènements heureux, tout ce qui peut détendre l'atmosphère et garder le tunisien dans son nuage de consommateur idiot. Mais voilà, une fois la joyeuse info sortie, le lendemain elle se fait enterrer ni vue ni connue. Parmi les bonnes nouvelles restées sans suite je voudrai évoquer les "heureuses" annonces des mégaprojets. Personne n'a oublié ces articles de la presse tunisienne qui vantaient les mérites de de ces projets et qui nous présentaient les investisseurs comme de doux missionnaires épris d'humanisme et de désintéressement

Zembra

Rappelez-vous du mariage arrangé entre notre douce Zembra et le gros investisseur chinois qui avait pour elle de beaux projets d'avenir. Cette union autorisée par le président de la république nous a été présentée par les journalistes comme une romance solide comme le béton. Leur mariage fut célébré le jour même à Carthage en grande pompe. Mais depuis nos témoins de la presse ne nous ont soufflé mot de leurs noces ni surtout de leurs divorce. Car divorce il y a eu, sans que personne n'en sache les réelles raisons(ici).
La presse amnésique nous sort par la suite quelques articles tel que celui apparut le 5 octobre sur Tunisie Affaire au titre séducteur "Clin d'œil de Zembra aux investisseurs !"(ici). Comme si rien était, le web-magazine nous apprend donc que Zembra est de nouveau sur le marché et qu'il ne reste plus qu'aux prochains prétendants de convaincre Carthage....
C'est peut être pour ne pas éveiller de doutes sur la virginité du site naturel de la promise que les médias se sont empressée de mettre aux oubliettes son dernier mariage avorté.

Bizerte

En février 2008 les médias nous annoncent que l'italien Ernesto Preatoni allait investir 27 milliards de dinars dans la région de Bizerte et que son projet immobilier -présenté encore à Carthage- promettait 30.000 postes d'emplois. Le ô combien businessime journal web nous fait part de cela ici. Mais voilà, ce même journal ne semble pas réagir à l'info parue le 23/10 sur Maghreb confidentiel et qui dit ceci:
"L’homme d’affaires italien "Ernesto Preatoni" est attendu ces jours-ci à Tunis en vue de tenter de sortir de l’impasse son projet de complexe touristique à Tabarka (Nord-Ouest de la Tunisie). Le complexe doit être réalisé, sur douze ans, avec un investissement de 22 milliards $ ! Mais un différend opposerait l’investisseur aux autorités concernant la superficie du terrain pour le projet."
Carthage mettrait-elle des bâtons dans les pizzas italiennes ou est-ce encore un coup de nos marabouts qui veulent leur part du gâteau ?
Ne comptons surtout pas sur nos journalistes pour nous éluder ce mystère

Porte de la Méditerranée

Dans un récent post (ici) je vous ai évoqué ce "pavé dans la mare" qu'avait jeté le président du conseil d'administration de Sama Dubaï en annonçant réduire son enveloppe budgétaire de 25 à 1.3 milliards $ limitant ainsi son intervention au périmètre du port de Tunis. Certains me diront qu'il ne s'agit que du coût de la première tranche et que les revenus de celle-ci financeront le reste. Soit. C'est pourtant lui même qui "espère intéresser d’autres investisseurs locaux et étrangers pour la suite du projet" Signifiant par cela qu'il s'en lave les mains du reste. J'aimerai bien que ces journalistes complaisants qui nous ont mis l'eau à la bouche (ici) nous éclairent un peu sur ce qu'ils nous ont fait avaler.

Mes amis, c'est la crise !

Il y a un peu plus d'une année, défilaient à Carthage des supers maquettes portées par des supers investisseurs avec un tas de promesses pour l'avenir récupérées pour les élections de 2009. (ici)
Ces milliardaires capitalistes voulaient spéculer en Tunisie et nous vendre leurs placements comme des projets sociaux sous le regard attendri de notre clairvoyant Etat. Mais voilà la crise de 2008 vient de sonner la fin du bal. Ces investisseurs qui faisaient la queue sur le parvis du palais de Carthage sont en train de sortir discrètement un à un par la petite porte. La consigne officielle dit "chut!" aux journalistes car il ne faudra surtout pas gâcher le prochain grand bal national des élections de 2009 !

22 septembre 2008

Bye bye Sama Dubaï ?

noyade

Depuis un an et demi les médias n'ont eu de cesse de nous bassiner avec leurs Mégaprojets.
Celui de Sama Dubaï vient récemment d'être lancé. Nos chantres de la liberté d'expression n'ont pas arrêté d'applaudir et de vanter la sagesse du directeur exécutif de Sama Dubaï, l'éminent Farhan  Faraidooni.
Ils en devenaient les portes-parole en nous promettant le plein emploi, le progrès et le bonheur pour tous.
A lire leurs textes, nous en avions les larmes aux yeux.

Et pourtant ces artistes zélés de la plume ne nous ont soufflé mot d'une déclaration faite récemment par Faraidooni ! Une déclaration qui risque de désenchanter plus d'un.
Ainsi, lisait-on dans le numéro 847 du "Maghreb confidentiel":

Le président du conseil d’administration de Sama Dubai a récemment jeté un pavé dans la mare en déclarant qu’il était hors de question que son groupe finance l’ensemble du projet immobilier 'Porte de la Méditerranée', estimé à 25 milliards $. Farhan Faraidooni compte avancer 1,3 milliard $ pour la première phase, qui doit débuter à la fin du mois, mais espère intéresser d’autres investisseurs locaux et étrangers pour la suite du projet

Si les émiratis bloquent leurs financements alors félicitons nous du pavé dans la mare car il nous aura épargné un Ovni sur le lac.
Je propose déjà que l'on restaure le local de Sama Dubaï en écomusée pour sensibiliser les jeunes sur la vie de nos amis les flamants roses...
Je reste honnête car je ne vous promets pas que ce micro-projet puisse employer 140000  chômeurs, dynamiser l'économie du pays ni
doubler le revenu par tête d'habitant...

16 septembre 2008

ça y est ! ils arrivent !...

debarquement

 

Pas le 10, pas le 12, mais c'est le 11 Septembre qu'ils débarquent! Date apocalyptique pour accueillir le Mégaprojet "Porte de la Méditerranée".
Un cocktail entre intimes a été organisé dans les locaux du lac sud dans lequel furent invités quelques journalistes. Le citoyen z de mon espèce, sans badge d'accréditation, n'a pas eu accès à la conférence de Presse. Vous me direz que c'est bien normal. Mais je persiste à croire que pour un projet extra-terrestre de cette échelle, on aurait quand même pu nous inviter au bal...
C'est donc faute de n'avoir pu assister en direct au show, que je me contenterai d'une revue de presse.

Bref rappel historique

Depuis 2006, la Tunisie a ouvert ses portes à des grands investisseurs immobiliers étrangers. Ont défilé au palais de Carthage des maquettes de villes futuristes portées par des émirs et autres magnas du monde des finances.
Tous proposent des "mégaprojets" qui s'étendent sur des centaines d'hectares destinées à une population aisée majoritairement étrangère.
Afin de ne pas entraver le "business plan" de ces puissants hommes d'affaire, Le gouvernement tunisien n'aura de cesse d'adapter à leur mesure le cadre juridique. L'Etat arguant à chaque fois de sa bonne foi de vouloir dynamiser l'économie et surtout répondre au problème du chômage.
Le PDF qui suit énumère chronologiquement les annonces de mégaprojets telles que les relatent les quotidiens tunisiens:

pdf

Mégaprojet "Porte de la Méditerranée"

Ce projet annoncé depuis 2006 est d'autant plus important qu'il occupe tout le lac sud depuis Tunis jusqu'à Radés. Sa surface, 1000 hectares, équivaut à celle de la médina et du quartier européen cumulés. Il ne s'agit donc pas seulement d'un quartier, mais d'une ville toute entière de la taille de la capitale. Cette simple remarque à elle seule pose la question de la légitimité de SAMA DUBAI en tant qu'acteur principal dans la conception et le financement de cette ville nouvelle.
Mais la critique et le doute s'imposent dès lors que l'on apprend que tout se négocie à huit-clos. La convention signée par l'Etat et l'investisseur n'a pas été dévoilée jusqu'à ce jour.
On nous communique via une presse complaisante et au compte-goutte quelques chiffres et quelques vagues promesses tout au plus.
Bien sûr on ne manquera pas de nous abreuver d'images futuristes clinquantes et de beaux discours sur la modernité et le progrès du genre humain.

Résumé de la conférence du 11 septembre

A lire les articles de nos journalistes on n'apprend toujours rien de concret. On a eu droit à encore plus d'images et d'autres promesses le tout agrémenté de beaux slogans humanistes.

- Promesse d'emploi pour les tunisiens:
La Presse relève que la question de l'emploi est épineuse. Toutefois elle nous rapporte ceci: "Sans détour, le président exécutif de Sama Dubaï a affirmé que la priorité d’embauche sera accordée aux ressources humaines locales, soulignant au passage que le recours à des compétences étrangères se fera en cas de besoin"
Malgré l'optimisme affiché, il n'y a rien de nouveau jusqu'à là: Si Sama Dubaï estime que seulement 10% des CV tunisiens prioritaires sont recevables, elle recourra, comme le rappelle le président exécutif, aux compétences étrangères selon ses besoins.
Tant que la convention signée avec l'Etat n'oblige pas le promoteur émirati à respecter un quota, ce dernier peut toujours sortir l'excuse légitime du manque de compétence des ressources humaines locales.

- Promesse d'accessibilité:
Sama Dubaï rappelle à chaque fois que son mégaprojet n'est pas un cul de sac ou une encalve fermée et qu'il reste accessible aux indigènes que nous sommes. Businessnews.com (ici) nous rapporte ceci:
"Le nouveau réseau régional des chemins de fer et les lignes principales passeront par une station multimodale de transport public qui sera construite à proximité du projet. Grâce à un transport public fournissant un accès facile aux administrations, aux immeubles et aux services, la Porte de la Méditerranée sera aisément accessible à tous les Tunisiens."
Pour une ville de la taille d'une capitale, on aurait imaginé qu'elle soit irriguée par un réseau de trains, de tramways et de bus . Non, non! il y'aura juste une station "à proximité". Vous n'imaginez tout de même pas voir le bus jaune stationner près des terrains de golf?

- Promesse de prix attractifs pour tous les tunisiens:
Businessnews.com nous rapporte également ceci: "Le projet est encore plus beau quand on sait qu’il sera réalisé par des Tunisiens et que les Tunisiens ne seront pas exclus lors de l’achat. « Il y aura des prix encourageants pour toutes les catégories sociales, dans un premier temps », indiquera dans ce sens Farhan Faraidooni lors de cette sympathique soirée tenue en présence de tous les médias de Tunis."
Et en second temps?
On passera aux choses sérieuses: aux yachts, aux golfs et aux villas de luxe pour étrangers ?
Mais notre journaliste invité préférait profiter de la sympathique soirée plutôt que de poser d'embarrassantes questions. D'ailleurs conclu-t-il tout ému qu'il est, par: "La Porte de la Méditerranée aura pour objectif de proposer un habitat pour chaque bourse".
D'aucun ne doute que Sama Dubaï a pour objectif de faire du social et de l'humanitaire.
Honte à ceux qui pensent que nos émiratis veulent faire du profit!

- Promesse environnementale:
La presse nous rapporte laconiquement ceci
:" le projet a fait l’objet de plusieurs études d’impact, dont une sur l’environnement."
Et que disent donc ces études?
...Il semble que le résultat de l'étude importe peu. Ce qui compte c'est que des experts se soit penchés sur la question. Que le fragile équilibre de l'écosystème du lac soit rompu n'est pas important à partir du moment qu'on l'ai signalé.
Et puis pensez-vous sérieusement que la vie des flamants roses
compte plus que leurs profits?  

Je m'arrête là

Rien de nouveau à l'horizon. Juste la silhouette de plus en plus nette d'une énorme soucoupe volante qui s'approche...
Je ne suis qu'une petite mouche qui s'agite vainement dans un troupeau de moutons applaudissant, mais "L'Histoire est jonchée de vaines agitations qui à force de s'agiter vainement finissent par couler partout dans nos veines... et deviennent le changement... et font l'Histoire."
(Merci à celui qui m'a laissé ce beau commentaire)

Liens:
http://www.letemps.com.tn/index.php?Date=13092008
http://www.businessnews.com.tn/home/view_article_Business?=&a=1078646
http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=1&news=78570

11 septembre 2008

11 Septembre sur le lac sud

11septembre

Une dépêche AFP nous informe qu'un mystérieux attentat non encore revendiqué vient de se produire dans les locaux du Lac sud où la maquette d'un mégaprojet émirati vient de subir de graves dommages.
Notre rédaction suivra minute par minute les enquêtes des experts et vous tiendra informés...


28 août 2008

ça se bouscule chez Sama Dubaï

offresemplois


Le guichet des CV :

Il y 'a un mois de cela, un article paru dans le site d'affaire webmanagercenter.com (ici) expose les critères de sélection des futurs employés du mégaprojet "Portes de la méditerranée" de Sama Dubaï.
Les conditions imposées aux candidats mettent la barre aussi haut que les tours prévues par le promoteur:
On leur demande des compétences en haute finance, en marketing international, en stratégie, une parfaite maitrise de l'anglais et j'en passe.
Cela n'a pas empêché nos jeunes diplômés (chômeurs ou pas) d'envoyer leurs CV. La boîte Mail de Sama Dubaï s'en est très vite trouvée saturée.
Mais nos vaillants demandeurs d'emploi ne se sont point découragés. Ces derniers par dépit continuent à balancer n'importe où leurs demandes d'embauche espérant au moins une miette de cet énorme gâteau d'emploi promis par le gouvernement. Certains CV ont même atterri sur mon blog. Leurs malheureux auteurs ont dû  penser que mes articles sur Sama Dubaï faisaient de moi une annexe de bureau d'emploi.

Le guichet des gros chèques :

Parallèlement à ce premier guichet saturé qui nous rappelle celui des Visas pour la France, un autre plus discret vient d'ouvrir ses portes et semble aussi, aux dires de certains, accueillir beaucoup de monde. Mais un monde d'un tout autre style: Il s'agit d'étrangers désireux de s'installer dans ces futurs lofts et maisons de luxe ouverts à la vente par le promoteur émirati. En effet, une loi qui facilite l'acquisition de biens immobiliers aux étrangers vient d'être votée en catimini cet été ( le blog Nocturnal Thougths évoque la question ici , on attend encore que le site jurisitetunisie.com mette à jour le décret voté le 10 août )

Cette loi n'a rien de critiquable en soi sauf lorsqu'on la place dans le contexte des mégaprojets et que l'on comprenne la logique de laquelle elle découle. Ce nouveau texte juridique en effet illustre cette curieuse allégeance d'un Etat souverain aux exigences d'un puissant investisseur dont le projet promis n'a rien d'étatique ni de social. L'intérêt général auquel veille la loi est ici dévoyé pour une affaire de gros sous qui profite à des émirs et qui s'adresse en majorité à une population étrangère fortunée.

Cependant, cette loi n'était qu'un secret de Polichinelle:
Les environs 100 000 logements haut standing prévus par Sama Dubaï (sans compter les logements prévus pour les mégaprojets Bled el Ward ou encore Tunis City Sport) dépassent de très loin la demande tunisienne en logement de luxe. Sans compter que la typologie de logements proposés (lofts, duplexes et appartements dans des immeubles de grande hauteur ) ne correspond pas aux standards culturels du tunisien aisé.
Selon les dires de certains urbanistes, le cabinet Ernest & Young chargé de l'étude du mégaprojet ne se faisait guère d'illusion et savait très bien dès le début que la clientèle ciblée ne pouvait être qu'étrangère.
La loi qui vient d'être votée ne fait donc qu'entériner un préalable évident qui devait figurer dans la convention signée entre l'Etat et l'investisseur. Convention qui, dois-je encore le rappeler, reste confidentielle et donc inaccessible aux citoyens que nous sommes.

OK!

Vous me direz que tout ça ne vise qu'à créer une dynamique économique, favoriser l'emploi et que les fins justifient les moyens...
Alors allez-y !
-Toi jeune diplômé, envoie ton CV avant que la nouvelle boîte mail soit saturée. N'oublie pas que tu cours avec des diplômés de Harvard dont seul le titre éclipsera tes années d'étude, tes années d'expérience, ta bonne volonté et tous tes pistons cumulés.
-Toi valeureuse entreprise familiale ayant construit de beaux immeubles pour promoteurs sfaxiens, tu cours avec Bouygues,  Arcelor et compagnie. Ne soit pas déçue si leur seul nom suffit à mettre en poussière tes immeubles d' Ennasr ou tes beaux Centres X.
-Toi architecte tunisien, excuse-moi de troubler ton sommeil, il parait qu'on savait même pas que tu existais.
-Toi manœuvrier, maçon, domestique, jardinier, il faudra que tu sois 2 fois plus efficace et 2 fois moins coûteux que ton équivalent chinois ou pakistanais éduqué depuis sa plus tendre enfance à l'exploitation la plus sauvage.
-Et puis Toi encore une dernière fois, oui toi!, qui confond mon blog avec Sama Dubaï, je te le dis en toute franchise: ton cas est vraiment désespéré!

04 mars 2008

Insurrection à Sidi Bou

Une dépêche anonyme émise par l’école d’architecture de Sidi Bou (ENAU ) révèle qu’une clique d’étudiants architectes seraient en train de préparer une insurrection architecturale.

Signifiant leur désaccord académique contre leurs camarades étrangers -lauréats de l’école de Carthage-, les rebelles ont pris en otage la maquette de Tunis pour réfléchir sur de nouveaux projets. Ils accusent leurs camarades émiratis et chinois d’avoir trompé le jury en trafiquant les images et les chiffres.

 En attendant ils nous livrent ce croquis qui illustre l'emprise des mégaprojets primés.
Selon eux les chiffres et les slogans annoncés ne sont là que pour faire beau.
Ils préfèrent se tenir aux fondamentaux plutôt qu'aux capitaux.
Ils nous invitent à participer avec eux au Contre-mégaprojet, par des dessins, des idées ou des projets…
debatunisie@hotmail.fr


CARTE

*   Ecole Nationale d'Architecture et d'Urbanisme : fondée le 5 Juin 1960 ( à vérifier )
** Ecole Internationale d'Architecture de Carthage : fondée le 7 Novembre 1987 ( voir wikipédia )

15 novembre 2007

Cité du siècle : trop belle pour être vraie…

cit_dusi_cle

Mon intérêt pour le projet vient du manque d’information sur le sujet.

Comme tout le monde, j’ai été séduit par les images diffusées un peu partout. J’ai été par contre frustré de n’avoir pas pu trouver par mes recherches une quelconque donnée concrète différente du slogan publicitaire langue de bois diffusé par les médias officiels.

Je suis tombé par hasard sur une interview du canal El Hiwar ( chaine indépendante) enregistré le 24 Septembre 2007 et qui, pour la première fois, présente un « spécialiste », en l’occurrence un avocat, qui nous évoque le texte de la convention du projet signée entre l’Etat tunisien et la société Sama Dubaï.

On peut se poser la question de la légitimité du personnage, mais devant un tel désert de l'information, on est prêt à donner du crédit à la première voix qui se présente à nous, et qui, malgré certaines approximations, semble nous fournir quelques éléments de réflexions.
Je n’ai encore pas saisi comment ce que l’avocat interrogé, a pu se procurer le texte de la convention du projet qui, selon ses dires, est un « texte secret ».
J’invite aussi, ceux qui en savent plus, à nous informer sur la question. Cette affaire mérite beaucoup plus d’attention. Je suis disposé à centraliser sur ce blog tout ce qui concerne la Cité du Siècle.

Dans la suite de l’article, je reprends en abrégé les idées importantes que j’ai retenu de l’interview.
En bleu je note mes propres commentaires.
Je préviens mes lecteurs, que je ne fais que reprendre à ma manière ce que j’ai pu saisir avec toutes les erreurs possibles d’interprétation et de traduction.

L’entretien se passe entre un journaliste en voix off, et l’avocat Abdel Nesser Laawini qui s’adresse à la caméra.

interview

Passées les salutations et les expressions de solidarité l’avocat introduit son propos en annonçant la "révélation" de certaines informations concernant le Méga projet.

Première question du journaliste :
Sous quelle forme a eu lieu la transaction entre la société Sama Dubai et l’Etat ? Fut-ce une réponse à Appel d’offre, ou une simple attribution de marché ?
(marché de gré à gré)
L’avocat explique que les 837 Hectares furent l’objet de négociations "secrètes" donnant lieu à deux accords aux termes desquels fut signée la convention entre l’Etat tunisien et la société Sama Dubaï filiale immobilière de Dubaï Holding.
L’Etat n’avait lancé aucun appel d’offre, il s’est appuyé sur un texte de loi qui permet de céder au dinar symbolique un terrain lorsque le projet de l’investisseur favorise la création d’emploi. 
(Code d’incitation aux investissements :Article 52bis :
Il est mis, au profit des investisseurs des terrains nécessaires à l'implantation des projets importants du point de vue volume d'investissement et création d'emploi, au dinar symbolique. Cet avantage est accordé, après avis de la commission supérieur d'investissement, par décret fixant les conditions d'octroi, de suivi et les modalités de recouvrement.)

L’avocat souligne le fait qu’il ne s’agit donc ni d’une vente, encore mois d’un appel d’offre, mais d’un « don » de l’Etat tunisien à une société de promotion immobilière.

Le journaliste nuance en rappelant que cette convention comporte malgré tout des conditions et que ce projet pour beaucoup de tunisiens se présente comme un levier pour l’économie et l’emploi.
L’avocat répond en citant deux points :
Le premier  portant sur la forme de la convention :
Selon lui le texte  s’apparente à un contrat entre deux Etats, alors que dans notre cas, il s’agit d’un accord entre une société immobilière et un Etat.
Il prend en exemple l’accord signé entre la Tunisie et l’Espagne concernant l’exportation de ciment. L’Etat des émirats arabes, rappelle-t-il, n’est pas l’interlocuteur de l’Etat Tunisien dans cette affaire, il s’agit bien d’une transaction entre un pays et une société privée.
(Cela n’a rien d’exceptionnel, ça s’appelle le PPP :  Partenariat Public Privé)
En second point, il note la partialité des conditions qui, d’après lui, favorisent plus Sama Dubaï et s’interroge sur les motivations de cette allégeance qui amène l’Etat à transgresser certaines de ses lois.


Le journaliste lui demande alors de citer ces transgressions :

L’avocat explique que Sama Dubaï, dans le texte de la convention, est déclarée à la fois comme aménageur ( par l’intermédiaire d’une société côté en bourse) et propriétaire des terrains du projet, à savoir les quelques 837 hectares.
Il fait remarquer que le texte ne précise pas les limites du périmètre et il dénonce ce flou qui suppose une expansion incontrôlée du projet et donc de la propriété.
(Construire une ville n’est pas construire une villa, on peut comprendre que le périmètre soit fluctuant)

 
Le journaliste se faisant l’avocat du diable rappelle que les privilèges accordés à Sama Dubaï se justifient par l’apport économique dont bénéficiera le pays et la création de 140 000 emplois participant à la lutte contre le chômage des diplômés.
En rappelant l’objectif exclusivement lucratif d’une société de promotion immobilière, l’avocat ne se fait pas d’illusions et s’interroge sur l’absence dans la convention d’objectifs socio-économiques qu’aurait du imposé l’Etat tunisien.
Le texte selon lui, traite des intérêts de Sama Dubaï sans toucher mot des intérêts du pays.
Il déplore par exemple l’absence d’une mention imposant à l’aménageur de se fournir dans le marché local (matière première, manufacturée ..)
Pire encore, il dénonce le droit de la société et de ses entrepreneurs d’importer ou d’exporter sans conditions les matériaux, outils, pièces de rechange, voire de vendre sur le marché local ces même produits.
Il condamne ainsi l’occasion ratée d’introduire dans le marché tunisien une demande propice à l’essor de l’économie nationale et fustige le danger de voir Sama Dubaï concurrencer l’offre locale sachant qu’à tout moment, la société émiratie peut se convertir en un vendeur redoutable noyant le marché et menaçant les petites et moyennes entreprises.

 
Le journaliste renchérit en affirmant que le projet, non seulement ne profiterait pas à l’économie tunisienne mais qu’en plus,  il la menacerait.

L’avocat confirme et prédit un triste avenir.
Il évoque le volet social : La promesse de création de 140 000 emplois, n’est qu’un slogan publicitaire.
Dans le texte de la convention Sama Dubaï et ses partenaires proposent des emplois selon certaines compétences requises. Ils « s’efforceront » de favoriser les tunisiens à condition que ces derniers répondent à ces exigences particulières à savoir la qualification et l’expérience.
Cela revient à dire, que les critères fixés ne concernent pas les chômeurs, mais plutôt une catégorie bien particulière de personnes actives tunisiennes ou pas.

L’avocat précise aussi que ces conditions traitent des cadres et des techniciens mais qu’aucun article dans la convention ne se rapporte à la main d’œuvre laissant ainsi toute latitude à la société et ses partenaires quant à l’emploi de ses ouvriers.
Il ne faudra donc pas s’étonner selon lui, que dans la logique du marché, l’on puisse voir débarquer des milliers d’ouvriers indiens ou africains acceptant de travailler à la moitié du salaire minimum tunisien.
(bientôt un ghetto indien à Djebel Jeloud ou Hai Chaker ?)

 
Le journaliste demande si Sama Dubaï, qui n’est pas à sa première opération, a pu bénéficier ailleurs de tant de privilèges.

L’avocat cite en exemple l’appel d’offre émis par la municipalité d’Istanbul que vient de remporter Sama Dubaï ( juste avant la signature de la convention avec la Tunisie) Il s’agit d’un terrain plus modeste (46 hectares) et qui a fait l’objet d’un appel d’offre international exigeant aux postulants de répondre à certaines conditions fixées par la municipalité tel qu’un cahier des charges urbains ou encore la vente des lots en priorité aux citoyens turcs.
Sama Dubaï a répondu aux conditions et a du seulement renchérir sur l’offre de ses concurrents turcs pour gagner le marché et cela en toute transparence.

 
Ainsi, résume le journaliste, l’ Etat Turc
( c’est moi qui souligne )a su faire valoir les intérêts de son peuple même dans le cadre d’une spéculation immobilière
L’avocat corrige à juste titre qu’il ne s’agit pas de l’« Etat turc », mais de la municipalité d’Istanbul et rappelle par analogie que le terrain du projet de la Cité du siècle, le lac sud, fait partie du territoire municipale de la ville de Tunis, et que l’Etat par cette opération empiète sur  les prérogatives de ses collectivités locales.
(Dans la mesure où le projet est considéré comme étant d’intérêt public, l’on peut justifier l’entremise de l’Etat. La question étant de savoir si ce projet est vraiment d’intérêt public)


Le journaliste demande si par l’aliénation du lac sud  à Sama Dubaï,
la Tunisie  ne s'aliénerait-elle pas de sa  souveraineté.
L’avocat répond qu’effectivement, le peuple s’est vu retirer à son insu une partie de ses terres, privant par la même, les générations avenirs de profiter de leur patrimoine naturel un peu comme si l’on avait cédé Oued Medjerda, Djebel Boukornine ou Shott el Djerid à des étrangers.
( On a bien fait partir  la France lorsqu’elle nous a colonisé l’ensemble du pays, j’espère qu’on pourra chasser quelques enturbannés s’ils nous colonisent le lac sud…)

 
Et pourtant ça a été voté par le parlement, s’étonne le journaliste.

L’avocat se lance alors dans une démonstration juridique montrant textes à l’appuie comment ce que les parlementaires contredisent leurs propres  lois en acceptant la convention.
Il cite l’article 26 de la législation des changes et du commerce extérieur. ( je n’ai malheureusement pas su saisir le  point de contradiction )
Ensuite il cite l’article 25 du code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme au chapitre 4 ‘Des règlements relatifs au littoral et aux voiries structurantes’ :

  «[…] il est interdit de construire à une distance fixée en fonction des particularités de chaque zone sans qu'elle soit, en aucun cas, inférieure à vingt cinq mètres à partir des limites du domaine public maritime et des limites des composantes du domaine public hydraulique prévues à l'alinéa premier du présent article[…] »

L’avocat précise qu’à part quelques exceptions liées à la sécurité et aux infrastructures portuaires, l’application de la loi signifierait l’interdiction de s’approcher de moins de 25 mètres du bord du lac.
Et pourtant, attise-t-il, non seulement il dépasse les 25 mètres, mais l’aménageur est autorisé à « remblayer », c'est-à-dire gagner de la surface sur l’eau, chaque mètre carré gagné lui étant cédé au dinar symbolique.

Cet exemple pour lui, illustre l’attitude méprisante que l’exécutif porte sur le législatif l’amenant à agréer une convention qui contredit les lois qu’il a promulgué.
( Cependant , je m’étonne que notre avocat, malgré son soucis des textes, n’a pas été jusqu’au bout de l’article où est écrit :  « […]Cette distance peut également être réduite par rapport aux lacs et sebkhas dont les bords sont aménagés ainsi que par rapport aux petits cours d'eau traversant les zones urbaines, et ce, par décret sur proposition du ministre chargé de l'urbanisme, après avis du ministre chargé de l'intérieur et le ministre chargé de l'agriculture[…] ». Nous avons tous en tête l’exemple du lac nord, projet porté par le Cheikh saoudien Salah Kamel qui constitue à moindre échelle le même cas de figure)


Le journaliste s’interroge sur la clause de confidentialité qui concerne la convention.
L’avocat évoque que la convention invite les deux parties à la « discrétion » concernant la transaction, et qu’elles doivent s’engager à ne divulguer aucune information sur la comptabilité, les ressources humaines, le savoir-faire, le « secret de fabrique» et la convention elle même!
L’existence même de la convention, explique-t-il, ne devra donc pas être communiquée au grand public sous aucune condition ! …. L’avocat s’interroge sérieusement sur l’insistance que porte la convention sur la confidentialité, à croire que l’Etat s’engage dans un projet de fabrication d’une sonde spatiale.
(Si ses dires sont vrais, Je dirai même plus, que Sama Dubaï doit être le subterfuge d’un projet d’enrichissement d’uranium financé par les russes, si ce n’est  une base pour OVNI)
Tout cela, conclut-t-il, nous mène à douter du bien-fondé de la prétendue Cité du siècle et de rester prudents et avertis quant à  la suite des évènements.


Le journaliste se demande alors comment ce qu’aucune voix critique n’a pu se faire entendre devant un tel scandale.

Sans cadre démocratique, il n’a y pas de possibilité de contestation répond-t-il.
Il explique par ailleurs, qu’un des préalables à la démocratie avant même les libertés, c’est le cadre national et territorial. Selon notre avocat, la spoliation d’une partie de ses terres est une atteinte très grave et une prise en otage de l’avenir du pays.
Il assimile cette affaire à un nouveau type de colonisation non armée qui opère par une stratégie capitaliste sur des peuples incapables de veiller sur leur souveraineté.
Et pour conclure, l’avocat exhorte tout tunisien, démocrate, jaloux de son pays et de l’avenir de ses enfants, de s’opposer au projet et au gouvernement qui autorise ce type de transaction illicite.


Remerciements du journaliste
Fin de l’interview.


Sources :

http://video.google.fr/videoplay?docid=-8572340756195862678&q=astrubal&total=75&start=10&num=10&so=0&type=search&plindex=2 : l’adresse de la vidéo de l’interview

http://astrubal.nawaat.org/2007/09/23/le-projet-sama-dubai-encore-un-scandale/: blog d'astrubal

http://jurisitetunisie.com/ : site juridique tunisien par lequel j’ai vérifié les textes cités par l’avocat
http://www.sama-dubai.com/: site officiel de Sama Dubaï

Annexe:
La version officielle du projet telle que présentée par la Presse tunsienne le 06/08/07 :

« Sama Dubaï, société immobilière de Dubaï Holding investira l'équivalent de 18 milliards de dinars dans la construction, sur les berges du lac de Tunis, d'une nouvelle cité, couvrant une superficie de  830 hectares, destinée à réconcilier la capitale avec sa façade maritime, notamment par la création d'un port de plaisance, et à en faire un centre international d'affaires, de services et de loisirs.
Concrétisant la vision du président Zine El Abidine Ben Ali pour  la  Tunisie de
demain, ce méga-projet, par son importance et ses impacts économiques et sociaux, constitue un levier de taille pour l'économie nationale.
Ainsi, l'investissement de Sama Dubaï génèrera un flux moyen de 1200 millions de dinars par an sur 15 ans, soit plus que la moyenne de 940 millions de dinars par an, entre 2002 et 2005, en investissements étrangers.
Selon les études, il réalisera un taux de croissance de 12 pc en moyenne par an, pendant les 15 ans que dureront les travaux, soit 0,6 point additionnel pour le taux de croissance annuel moyen. Il génèrera également 130 mille emplois additionnels durant les travaux.
Notons à ce propos que les autorités tunisiennes ont spécialement veillé, dans la convention d'investissement, à ce que la main d'œuvre soit tunisienne, en mettant en place un programme de formation spécifique qui anticipe la demande en experts et vise à réduire au maximum le recours à l'expertise étrangère.
Par ailleurs, les travaux engagés dans le cadre de ce projet auront un impact sur l'ensemble des secteurs économiques, avec un accroissement de plus de 50 pc des mètres carrés construits chaque année.
Ces travaux stimuleront aussi la demande en matériaux de construction et partant toutes les activités fournissant des matériaux au secteur du bâtiment. A titre d'exemple, pour répondre à la demande du projet, deux cimenteries sont en cours de construction par le secteur privé. Le secteur des équipements et fournitures (ascenseurs, meubles, etc.) connaitra aussi une dynamique notable.

Une fois achevé, le méga-projet des berges du lac sud de Tunis, se traduira par l'apparition d'une ville nouvelle de 300 à 500 mille habitants. L'objectif des promoteurs et des autorités étant de faire de cette cité un centre international d'affaires, de services et de loisirs. »

24 septembre 2007

La cité du siècle

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 Je voudrai comme introduction à un article à venir, ouvrir un débat sur un sujet qui concerne la ville de Tunis (et l'ensemble du pays par extension) .
Il s'agit du méga projet de la Cité du siècle:

Voilà, me semble-t-il, un projet urbain à caractère politique qui nous a été présenté sous forme de slogan publicitaire illustré d'images et de maquettes.
Skylines, verdure et eau; symboles de modernité, devaient suffire selon la stratégie de communication à gagner l'unanimité du peuple tunisien.
Sans préjuger des retombées positives ou négatives de ce projet, il est important de noter qu'il s'agit encore une fois d'un débat duquel nous avons étés, d'entrée de jeu, exclus.
Ce débat, intègre de surcroît des acteurs étrangers qui sont à la fois les instigateurs et les réalisateurs d'un projet qui concerne directement notre cadre de vie.
Nous n'avons pas été simplement évincée d’une banale discussion sur l'architecture ou l'esthétique de Tunis. Nous avons tout juste raté l’occasion de nous prononcer collectivement sur l’avenir de  notre «Cité»(au sens latin civitas qui désigne l'Etat).

Pour conclure cette introduction,  je dirai que la Cité du siècle, sous couvert de projet urbain masque une réalité politique nouvelle dans laquelle des acteurs étrangers (en l'occurrence des princes arabes) s'invitent à débattre de nos affaires, sans nous.
Ce phénomène qu'on appelle aussi mondialisation, aliénant déjà pour des sociétés démocratiques, se présente pour nous tunisiens, comme la démission consommée de notre société civile…

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